
PROJET : cartes postales sonores
maison d'arrêt de Bonneville (74)
Nous proposons de découvrir ici le travail que nous avons réalisé à la maison d'arrêt de Bonneville en novembre 2024 avec 8 femmes en détention avec qui nous avons passé près de 6 jours.
Il s'agit de cartes postales sonores.

Elle a appris le piano en autodidacte et se souvenait de "la sonate au clair de lune" de Beethoven". Elle l'a enregistré sur un piano numérique au casque. Personne ne l'a entendue. Et ce fût un instant magique quand nous avons partagé l'enregistrement avec ses codétenues.

Milo a réalisé ce montage avec Yoann, en enregistrant des sons de tasses, de frottements, de stylos. Alors qu'elle ne souhaitait initialement pas chanter ni rapper, elle a finalement posé ce court texte improvisé et entêtant.

Virgine a travaillé avec Yoann sur ce montage. Nous n'avions pas d'animaux avec nous et pas accès à internet mais nous avions des banques de sons. Ils ont donc pu utiliser un sampleur connecté à un ordinateur pour réaliser cette parade loufoque.

Ce texte très personnel et autobiographique a été mise en musique par Noé. Le chœur féminin a été enregistré par Pauline et Jess une surveillante qui était venue participer à un atlier, et dont nous avons découvert le talent de chanteuse lors d'un karaoké sur une chanson de Céline Dion.

Lisou voulait partir de la lettre à Elise de Beethoven (décidément !?! il a été convoqué 2 fois pour ce projet, on décrit souvent la surdité comme un enfermement, intéressant non ? ) quoiqu'il en soit Pauline a enregistré la pièce et nous l'avons chahutée avec Lisou en collant à l'ambiance de son texte.

Lay ne voulait pas écrire de texte. Elle a dirigé la réalisation de la musique avec Noé sur une boîte à rythmes, puis nous avons finalisé l'arrangement avec le logiciel Live. C'est la thématique Bling Bling de son collage qui a orienté l'écriture du texte. Nous avons fait un brainstorming pour trouver du vocabulaire et finalement Lay s'est prise au jeu. Serait-se Le tube de l'été prochain ?
BONUS
Présentation
Le projet s’est déroulé dans la maison d’arrêt de Bonneville avec un groupe de femmes détenues parfois depuis plus d’un an, parfois moins d’une semaine, en attente de jugement ou déjà jugées. Nous avons accueilli un groupe aux profils très variés, un groupe qui a beaucoup évolué au cours du projet avec un transfert et une libération et des personnes qui pour de raison de santé ou de possibilité de concentration n’ont pas pu ou souhaité participer à tous les ateliers. Il a donc fallu composer avec ces données inhérentes aux contraintes du milieu carcéral. Au total, nous avons rencontré 8 personnes, avec qui nous avons pu passer entre deux et cinq jours – entre le mardi 19 et le mercredi 27 novembre. L’atelier s’est terminé par un moment de restitution, avec écoute des cartes postales et concert de notre groupe.
Notre objectif était la réalisation de cartes postales sonores, créations hybrides qui pouvaient aller d’un simple montage sonore à une création plus personnelle de textes et de musique, avec en ligne de mire l’apprentissage des techniques d’enregistrement, la réalisation d’entretiens, l’écriture de textes personnels, l’enregistrement de musique, la création de musique électronique et le bruitage sonore, et pour illustrer tout cela, la réalisation de création graphique en collage. Ces ateliers ont été également le lieu de beaucoup de discussions, de confidences, de moments de partage, et de la création d’un lien confiance qui s’est consolidé au fil du temps. C’est le résultat de ce travail multiple qui vous est présenté ici.
MERCI
Nous tenons à remercier :
les personnes détenues qui ont participé et leur souhaitons de pouvoir retrouver un parcours de vie sans accident.
Le personnel de la maison d'arrêt et tout particulièrement Dominique B. la coordinatrice culturelle du SPIP ainsi que Jess la surveillante qui a prêté sa voix.
Le Brise Glace (SMAC d'Annecy) qui a permis ce projet et particulièrement Amélie qui nous a entourés de sa présence positive et bienveillante.
La SACEM, le ministère de justice et la DRAC qui ont cofinancé le projet.
Et bien sur Noé Martin qui fait un service civique dans notre structure et qui a été de grand soutien pour la réalisation de ce projet.






